Défense européenne : un terrible aveu d’échec pour François Hollande

Aujourd’hui, au sommet de Bratislava, censé relancer l’Europe après le Brexit, François Hollande a déclaré que la France ne peut pas être seule pour la Défense européenne.

Quasiment un an après que le président français a entamé sa tournée des capitales européennes, pour demander la solidarité militaire des États-membres, ce constat très tardif sonne comme un aveu d’échec.

En effet, depuis des mois, je n’ai eu de cesse que de pointer du doigt l’absence des États de l’Union, aux côtés de la France, dans la bande sahélo-saharienne, sauf pour des aides matérielles extrêmement limitées. J’ai pu m’en rendre compte par moi-même lorsque je me suis rendu auprès de la force Barkhane, où 3 500 soldats français sont déployés pour lutter contre les groupes armés djihadistes, sur un territoire grand comme l’Europe. Là-bas, les rares forces européennes engagées notamment dans le cadre de l’EUTM sont essentiellement concentrées sur des missions de formation, mais aucunement sur des opérations de combat, laissées aux forces françaises et locales.

Lorsque le président de la République s’est rendu compte que la loi de programmation militaire et le contrat opérationnel seraient insuffisants pour faire face aux nouveaux enjeux sécuritaires, il avait tout loisir de corriger le tir. Or, il a perdu un temps précieux en laissant courir l’idée très fragile d’une exemption des critères de Maastricht pour les dépenses militaires, sans rien exiger de ses partenaires et sans promouvoir de solution crédible, comme pourrait l’être la création d’un fonds européen de financement de l’effort de Défense, dont on commence à parler avec un retard dommageable.

La nécessité d’une coordination au niveau de l’Union, quelle qu’en soit la forme, ne peut plus désormais faire débat. Il nous faut être pragmatiques et déterminer comment les savoir-faire nationaux peuvent être utilisés au mieux et  comment les moyens peuvent être mis en commun quand c’est nécessaire. Indéniablement, au cours de ce quinquennat marqué par l’intensification de la menace terroriste, à l’extérieur et à l’intérieur de nos frontières, la France n’a pas joué le rôle moteur qu’elle est pourtant la seule à pouvoir jouer en Europe.

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À l’Assemblée, Édito