Garde nationale : une annonce sans lendemain ?

Le président de la République a annoncé ce matin la constitution d’une « garde nationale »… sans préciser les modalités ni même les objectifs exacts de cette future entité.

Depuis des mois, François Hollande multiplie les annonces au fil de l’eau sur le sujet, comme s’il espérait avoir toujours quelque chose à dire pour tenter de rassurer une opinion de plus en plus sceptique sur sa capacité à défendre notre pays. Ainsi, après les attentats de novembre, il avait déjà cité cette possibilité. Mais ses propositions, plusieurs fois esquissées, n’ont jamais été précisées.

En tout état de cause, le dispositif évoqué laisse plusieurs questions majeures en suspens, que le président doit trancher avant de s’exprimer à nouveau à l’issue du prochain conseil de Défense :

  • Premièrement, il existe déjà une armée chargée d’assurer la sécurité du territoire : il s’agit de la Gendarmerie nationale. Une future garde nationale ne doit donc en aucun cas devenir le supplétif des forces de sécurité intérieure, sans apporter une réelle plus-value opérationnelle. Le retour d’expérience de Sentinelle doit nous alerter sur ce risque.
  • Deuxièmement, le rapport Bockel-Jourda nous renseigne sur le très faible nombre de réservistes volontaires qui ont participé à l’opération Sentinelle… seulement 400 depuis son déclenchement sur les 7 000 à 10 000 militaires quotidiennement déployés ! Comment parler de créer une garde nationale, si l’on n’est pas capable de mobiliser les ressources existantes, en termes quantitatifs comme qualitatifs ?

Pendant que François Hollande agite la « garde nationale » comme une formule de communication, le Coordinateur national du Renseignement, placé sous son autorité, annonce qu’il quittera son poste à l’automne, pour briguer un siège de député. Cette information est tout simplement hallucinante, quand on sait que beaucoup des écueils rencontrés par les services de renseignement nationaux dans la lutte contre le terrorisme tiennent précisément à des difficultés de coordination. Ce départ est un signe supplémentaire de la sorte de vacance du pouvoir dans laquelle l’actuel président est peu à peu entré depuis le début de son quinquennat, oscillant entre petits arrangements politiciens et recherche d’expédients pour essayer d’incarner une autorité qu’il ne possède plus.

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